Miroir – Miroir

Miroir   –   Miroir , paru à Paris en Phréatique n°48, traduction en catalan en cours par Geraldine Sasplugas Requena

Cet article, pensé comme un face à face Occident-Orient dans leurs particuliarités, est l’éditorial du dossier “Japon autrement” que j’ai dirigé pour la revue et dont seront disponibles sous peu ici d’autres aspects. Voir déjà : Silence en pulsation Junko Frank et Yoshihisa Taïra : Batisseur de MA

MIROIR-MIROIR

le Méme ne peut infiniment se voir

que  dans l’infiniment Autre

Michel Camus

Comme il est loin le Japon, si loin ! Il fait rêver, comme tout inconnu ; et comme tout inconnu il fait peur, tellement autre. Sans vouloir abolir l’aura du mystère et ainsi se soustraire à l’attirance que celle-ci peut exercer, force est de constater que nous nous trouvons à un point de l’histoire où ignorer l’autre, son altérité psychologique, culturelle et spirituelle revient à un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir. Violences et guerres coulent toujours comme lave du volcan de la bêtise, de l’incompréhension et de l’ignorance. Porter un regard sur l’autre devient aujourd’hui vital. Au-delà de la première admiration de l’édifice culture, c’est surtout par l’approche des méandres souterrains que la trame de l’oeuvre devient accessible. Le point d’encrage, la référence ? – nous sommes nous-mêmes notre propre point zéro. A partir de là, le pas vers l’autre devient un pas vers soi. Oser s’aventurer dans les différentes manières d’être possibles pour un être humain, c’est inclure toujours davantage de l’autre parce que l’on s’y est reconnu.

Fabuleuse, la complexité du psychisme humain ! Elle abrite plus d’aspects que la culture dont l’être fait partie, ne lui demande de développer. Différentes branches de la psychologie de notre siècle ont mis l’accent sur diverses potentialités (voir comme exemple les quatre fonctions de C.G. Jung : sensation, sentiment, intuition, pensée). L’occident, depuis les Grecs, s’appuie sur la logique, la rationalité, la pensée linéaire, de cause à effet. Nous avons tendance à considérer cette poussée comme la seule possible (car elle est la nôtre). Mais il existe également une autre manière de procéder. On l’appelle « pensée circulaire », ou encore pensée globale, développée surtout par l’ancienne Chine dont les valeurs servirons plus tard de base au Japon.

Bien sûr, cette règle sommaire se voit, comme toute règle, confirmée par des exceptions. C’est bien dans les deux camps que l’on trouve des rameurs à contre-courant : en occident, dans le contexte d’une rationalité aristotélicienne, la pensée globalisante des pré-socratiques n’a pu survivre, tandis qu’à peu près à la même époque en Chine un nommé Mo Di développait une école de rationalité linéaire (cause à effet) et une dialectique. Ces mouvements s’étouffaient dans le contexte général contraire.

La structure de la langue se développe en conséquence. En occident elle se parcellise, le sujet se différencie de l’objet (sujet, verbe, complément) ; l’acteur agit sur un but ; Dieu crée le monde ; l’archer vise la cible. Cette différenciation entre sujet et objet fait que l’homme se sent séparé de la nature. Celle-ci devient un ensemble d’objets extérieurs qui le menace et qu’il doit maîtriser. Cette dialectique est le terrain pour un développement de la science et de la technique. L’évolution est linéaire. Le modus operandi devient l’exclusion, la réduction, la désintégration.

L’extrême-orient se situe à l’opposé : sujet et objet font Un, il n’y a rien sur quoi agir, la vision du monde est unitaire : l’univers est un processus auto-engendrant, le devenir est cyclique, l’archer et la cible sont deux polarités d’un même processus. L’inclusion, l’élargissement et l’intégration permettent une vision organique, globale.

Les philosophies et théologies se déploient d’après la logique de leurs fondements respectifs. En occident l’objet, la création, la créature, sont séparés de leur créateur. Ils sont en état de péché. Remords, expiation et rédemption deviennent nécessaires, avec confesseurs et psychanalystes en cortège. La vie terrestre est considérée comme une vallée de larmes, le jugement dernier portera la justice dans l’autre monde, l’espoir se porte sur l’après-vie.

L’extrême-orient voit dans la multitude apparente les différents aspects de l’unité sous-jacente. L’univers est un seul corps où des apparences diverses doivent trouver leur centre où s’équilibrent leurs différences : l’harmonie! A la place du péché il y a « infraction » à la loi (ou à la constitution) de l’harmonie. Non pas le repentir, mais une attitude positive est considérée comme salutaire. La perfection est à atteindre ici car la vie terrestre contient la possibilité d’exprimer une perfection divine.

D’un coté, c’est le Dieu qui s’incarne (Jésus Christ) pour éprouver l’humanité et ne retrouver sa gloire qu’après la mort. De l’autre, c’est l’humain (Gautama Bouddha) qui fait l’expérience de la perfection divine sur terre. Transparence et immanence séjournent en des lieux différents.

Les fonctions psychiques de l’occidental se différencient de plus en plus (I). Sentiment, Raison, Volonté et Sensation, voilà avec quoi l’occident va partir à la conquête de l’univers. D’une manière schématique on pourrait, entre autres, le voir ainsi : le Sentiment est la note dominante concernant la religion, la Raison fait cheminer vers des philosophies abstraites, la Volonté permet l’avance technique, et la Sensation se propose comme facteur dominant dans le développement des arts et de la musique en particulier.

Dans la structure psychique de l’extrême-orient par contre, l’accent est mis sur l’unité primordiale et ultime de la diversité. « Penser et sentir, qui à l’ouest se trouvent l’un à coté de l’autre, travaillent à l’est. comme une seule force. Ici on cherche moins la compréhension systématique de l’histoire du monde que plutôt l’expérience réelle de l’unité à travers une manière intuitive centralisant les fonctions mentales et sensorielles ». (3) Cette pensée équivaut à ce que Carl Gustav Jung appelle la fonction transcendante, où l’imago et le symbole se mêlent à l’acte de penser, dans une sorte de pensée contemplative. Autant l’occidental est fasciné par l’extérieur et part à la conquête du monde, autant l’extrême-oriental se préoccupe-t-il de l’intérieur et affiche-t-il comme but ultime la conquête de soi. L’occidental ajoute des connaissances à travers des fonctions dissociées, l’extrême-oriental vit une prise de conscience directe de la totalité. La foi, en occident, est du ressort du sentiment : la religion, en extrême-orecnt, est du domaine de l’expérience de l’être global.

Cependant il ne s’agit point d’enfermement en de tels schémas. Les manières d’être mises en avant par une dominance culturelle se trouvent, pour ainsi dire. « en veilleuse » dans une culture à contexte contraire. Ainsi les extrême-orientaux, et les Japonais en particulier, ont-ils, en ce siècle, fait preuve de leur aptitude à utiliser la pensée linéaire et à rattraper la science et la technique. Très tôt dans l’histoire de la physique quantique il y eut un prix Nobel japonais. D’autre part les occidentaux ont connu, par-ci,  par-là, des systèmes globaux, surtout avant la partition entre science et religion vers le XVI° siècle. Héraclite, Maître Eckhart, Giordano Bruno, Goethe en sont quelques illustrations. Mais l’exemple le plus frappant de la capacité « en veilleuse » de vivre l’union psychique et spirituelle est certainement celui offert par les mystiques. C’est justement pour cela qu’ils ont été «marginalisés » sinon considérés comme hérétiques par leur « contexte » dominant.

Que la linéarité ou bien la globalité soit la marque première d’une culture, le système d’écriture va nous le révéler. Ceux qui procèdent pas à pas inventent des écritures alphabétiques, suite logique d’un mode de penser par déduction. Ils analysent les parties et les compilent en un tout. Le danger inhérent : surévaluation de la partie et oubli que le tout est plus que la somme de ses parties.

Ceux au contraire, qui mettent la totalité en avant élaborent des idéogrammes, lesquels se basent sur un mode de penser par synthèse et analogie. Lily Abegg (l) les appelle pour cela « Kreisdenker, Umzinglungsdenker », à traduire par « Penseur circulaire, Penseur encercleur ». L’objectif à atteindre sera d’encercler par des efforts de pensée.

Un esprit formé par l’usage des idéogrammes développe non seulement une énorme mémoire, mais il prend aussi en compte une grande quantité de facteurs apparemment extérieurs au problème. Des tests sur des enfants japonais éduqués en occident avec un mode de penser linéaire, et parallèlement sur des enfants occidentaux au Japon, au sein d’un système globalisant ont démontré que les modes de fonctionnement de l’esprit ne sont nullement un facteur racial, génétique ou éthique, mais s’avèrent un conditionnement culturel.

Autre surprise : lorsque des chercheurs se sont penchés sur la différenciation des deux hémisphères du cerveau, fut découvert le fait que les deux orientations fondamentales qui dominent le monde contemporain, la pensée en linéarité et en globalité, concernent des hémisphères différents. Et force était de constater (7) que le cerveau japonais réagît souvent de façon contraire à un non-japonais. A nouveau, les investigations l’ont confirmé, il ne s’agit pas d’un facteur héréditaire, mais d’une influence de l’environnement, en particulier de la langue parlée. Nous percevons des voyelles sémantiquement vides (comme si elles n’étaient que du bruit) par le cerveau droit, alors que les Japonais les enregistrent à gauche. Mais, dans la structure de la langue japonaise, les voyelles justement sont très importantes. « Cette particularité pourrait affecter les fonctions cérébrales en transférant systématiquement tous les sons vocaliques, ou qui s’en rapprochent, qu’il s’agisse de sons linguistiques, émotionnels ou naturels au cerveau gauche, qui perçoit donc tous les sons en relation avec la raison, la nature ou l’émotion. Cela pourrait être, d’après Tsunoda, une des clés pour la compréhension de la culture traditionnelle du pays et de la mentalité des habitants. Stimuli émotionnels et mécanismes de réflexion se mélangent » (Gabriel Raclé : les Japonais parlent à gauche … ; Le Monde 1980). Pour un Japonais, l’univers, en ses sons, ses bruits, lui parle. Le vent, un oiseau, un craquement de bois, un ruisseau, etc. sont porteurs de messages. De là à concevoir que la chose en son essence « a de l’esprit » il n’y a qu’un pas.

Le Japon pourrait ètre défini, au dire de ceux qui sont à l’aise dans les millénaires qui précèdent l’ère chrétienne, comme étant un pays jeune, à peine mille quatre cents ans – de culture – certifiés. Mais c’est oublier que le Japon, tout en étant fermé (par sa langue, sa psychologie, sa culture plutôt difficile) est un pays ouvert. Ouvert aux influences qui peuvent l’enrichir. Gourmand, il avale philosophies et cosmogonies, arts, sciences et techniques, ce qui lui impose parfois de s’enfermer pour faire une sieste afin de digérer. Ainsi, d’influence en influence, il avance à pas de géant. Certains disent : le Japon doit tout à la Chine. A l’origine, certes, il lui doit beaucoup, particulièrement sa toute première « appellation ». Des chroniques chinoises parlent des habitants du « pays de WA ». Or, Wa veut dire Harmonie. Peut-être est-ce à cause de cette caractéristique propre qui traverse comme but ultime chaque recoin de cette culture, qu’on peut voir dans ce peuple une volonté presque farouche d’intégrer, de chercher à équilibrer les différences.

Considérons le Taoïsme avec son principe de complémentarité des antagonismes et leur intégration dans un tout harmonieux (le contraire de la dialectique de l’opposition du bien et du mal), avec son devenir cyclique dans un éternel changement, le Confucianisme avec son éthique ferme du devoir, sa morale de rectitude et de fidélité au souverain (loin d’une discipline aveugle), et enfin le Bouddhisme Zen en tant que technique d’une mystique de la vie quotidienne. Ces trois influences extérieures se sont coulées sans grande difficulté dans le lit creusé par le désir d’harmonie profonde avec le cosmos, prôné par l’esthétique de la vie et de l’existence qu’est le Shinto.

L’essence même du Shinto, la voie des dieux, peut être considérée comme infiniment ancienne et moderne à la fois. Comme dans toutes les religions de la mère originelle, il s’agit d’une religion célébrant la vie, avec une joie de vivre, une sexualité épanouie, un bonheur d’être. « La Grande Mère est d’abord celle qui épouse les rythmes du temps, des saisons et des cycles de la vie » (5a). La divinité la plus importante dans le Shinto est Amatérasu, Déesse du Soleil. Avant l’avènement du patriarcat avec son dualisme combatif, intolérant et vindicatif (5b) et son inversement des symboles, le soleil fut symbole de déesse. La femme sacrée est d’essence solaire. Dans les langues celtes, germaniques et sémitiques le soleil est encore aujourd’hui du genre féminin et la lune du genre masculin (6).

Le Shinto est non dualiste (une relation d’identité ou organique entre sujet et objet) et sacralise l’univers entier. Bernard Marillier dans son étude du Shinto (4) est très clair. « Le sacré et le devenir sont soumis à un principe central, un principe de pulsion, une puissance dynamique d’un élan vital qui perpétuellement enfle, exhale et synthétise les forces croissantes et décroissantes …. si bien que, pour le Shinto, l’avenir est ouvert, le lieu d’accomplissement ne peut se situer que sur la terre … Le comportement religieux des Japonais est d’être essentiellement libre, responsable, et lié à un respect inconditionnel. L’homme participe ainsi au sacré. Son attitude face à la vie et au monde est religieuse ». S’ajuster à l’Harmonie cosmique et développer ses propres potentialités les plus hautes « permet d’atteindre une liberté supérieure totale ». Cette conception d’une « réalisation éthique active » conduit à privilégier l’action et non la seule réflexion. D’où une absence presque totale de théories et dogmes dans le Shinto. Y. Mishima l’exprime ainsi : « Si l’on ne traduit pas immédiatement en action la vérité morale reconnue sur le plan subjectif et spirituel, la connaissance n’est pas valable. S’il n’y a pas action, il n’y a pas non plus connaissance, et si l’on ne transforme pas celle-ci en action, la connaissance n’est pas complète » .

Ceci peut être une des raisons pour lesquelles le Japon n’a jamais développé une philosophie systématique au sens occidental du terme. Bien qu’en Chine l’essai philosophique ou historique et la poésie aient dominé, l’expression de soi de la culture japonaise, d’après l’écrivain Shuichi Kato (8) ne passe pas par une formulation abstraite, mais par la littérature faisant alors aussi office de philosophie, ainsi que par les arts de la vie quotidienne (il n’existe pas de distinction entre beaux-arts et artisanat).

A l’encontre des artistes occidentaux, beaucoup plus enclins à considérer le contexte esthétique, ou l’oeuvre-objet, « l’artiste japonais se sert de l’art comme moyen privilégié de comprendre son individualité, de pénétrer l’activité de son propre psychisme (2) », En premier rang vient la maturation de l’homme : l’oeuvre, par la suite, n’est que l’émanation de son état. Le « culte » du maître n’est pas pour son savoir-faire, mais vient de la supposition qu’il soit un exemple parfait. Ce n’est pas la chose, mais l’homme qui importe. Faire de sa vie une oeuvre d’art est l’art des arts.

L’art n’est donc pas considéré comme un domaine séparé, mais il est l’essence même de la vie. Comme tel le Japonais essaie de l’introduire dans chaque sphère de sa vie. Autant que religion ou philosophie ailleurs, au Japon « l’art en général, mais aussi l’art de l’épée, l’art floral, le tir à l’arc, la calligraphie, sont autant de voies privilégiées … pour procurer la compréhension du coeur et de l’âme d’un peuple et de ses traditions. Le maître Zen, lui, sait qu’il peut trouver l’illumination n’importe où » (2). C’est à partir du vide d’un esprit pacifié que peut sortir le geste juste. Lorsque ni « bien » ni « mal », ni « vie » ni « mort », ni « sujet » ni « objet » n’entravent plus la tranquillité de l’esprit, alors l’artiste voit, sent l’objet se servir du pinceau pour dessiner lui-même l’image, il fait l’expérience de la cible accueillant la flèche. Graf von Dürkheim raconte qu’un « test de tranquillité » caractérise toutes les relations humaines au Japon. En rentrant dans une maison, le visiteur est jugé d’après la qualité de ses silences. A l’inverse de l’occident où il est absence et souvent gène, le silence, est plénitude, germe ! Ce n’est pas l’extase, mais le calme, l’éveil spirituel, l’illumination qui sont le but de la mystique.

Peut-être, ce que nous n’aimons pas en « cet Autre », dans cette manière d’être si différente, n’est-ce que cela: un quelque chose que l’on n’aime point en soi, en sa propre nature, et que l’on ne se pardonne pas, au point de l’avoir enfoui en dessous du seuil du perceptible !

Peut-être, ce que nous trouvons tellement admirable, qui force notre respect et notre admiration, n’est-ce pas aussi rien que cela: notre propre visage, encore et encore, auquel nous ne croyons point – qui rit de nous sous le masque de l’inconnu !

Peut-être sommes nous l’un pour l’autre ceci: Miroir, Miroir, qui montre l’insoupçonné – et pourtant su !

AMATERASU, Déesse du Soleil, se fait piéger par le miroir. Quelle altérité pourra-t-elle y trouver ?

I.A.M.

Notes bibliographiques : :

Lily ABEGG : « Ostasien denkt anders » (l’extreme-orient pense d’une façon différente), Verlag Kurl Desch.

Eduard T. HALL : « La Danse de la Vie » Seuil.

Junyu KITAYAMA : « West-östliche Bewegung », Verlag W. de Gruyter & Co.

Bernard MARILLIER : « Le Shintô » ou « la voie des dieux », L’Age d’Or.

5) Michel RANDOM : « La Stratégie de l’invisible » ; « La Tradition et le Vivant ” Editions du Félin.

Joëlle SICCART : « La femme, initiatrice de l’homme », IIIe Millénaire n° 13.

Tadanobu TSUNODA : « Nihojin No No » (le cerveau japonais), Tokyo 1978.

– Shuichi KATO  / Philippe PONS :  journal Le Monde, janvier 1981.


Voir aussi     Batisseur de MA entretien avec le compositeur de musique contemporaine Yoshihisa Taira autour de la notion – oh combien japonaise – du  M A ;

ainsi que Silence en pulsation de la peintre Junko Frank, une interaction entre peintre et poète dans la série DOBLON

voici une autre oeuvre de Junko Frank, en ouverture au dossier  : Graine bleue

à gauche :

couverture de ce numéro de la revue: un tableau du peintre japonais:  ADO : Chou de Mars

About Ilke Angela Marechal

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One Response to Miroir – Miroir

  1. Martine says:

    Article très intéressant.
    Le silence c’est se couper de l’intervention du mental et de tout ce qui l’intoxique, pour libérer l’espace et laisser venir à soi l’indicible.

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