les ondes gravitationnelles du Big Bang enfin découvertes ?

mes corps et ne savent pas me reconnaître . Ils disent que je suis né. Mais sait-on jamais ? Hier encore j’ai fait ce rêve. Bulle dans la mousse. Mais ils disent que je suis tout. Et mon rêve? Si je suis, je suis l’un – et ce besoin de l’autre, vers où aller ! J’ai toujours su, mon plus proche allié c’est le grand ailleurs. Artefact de rêve ?

On a trouvé mon acte de naissance. J’étais déjà vieux d’un million d’années. Or, de ma naissance nul ne sait rien. On la suppose dans le dénuement ainsi que dans la nuit du temps. Quel signe d’ignorance ! Jamais n’apparut lueur plus éblouissante, même si aujourd’hui on l’appelle «fossile », ses rayons prouveraient mon besoin de croître et de m’étendre. Je les entends me regarder !

Multiples mes dimensions, enroulées ou non, selon l’angle de vue. Quatre, sept, onze, faisant surface, ne serait-ce que dans leur esprit, mais dans mon ventre, dans mon coeur, dans mon désir ? Espace, et temps, et brume de souvenir. Espace-temps, et magnificence de rêve. Combien de miroirs au regard de la conscience ? Ai-je un centre, une direction ? Suis-je stratifié ? Comment voir, me voir, dans mon opacité-cécité?

Certains soutiennent qu’une fois refroidi légèrement, lorsque mes particules premières se sont désintégrées, alors j’aurais choisi d’être matière plutôt qu’antimatière. Toute neutralité gardée, Mémoire défaillante, dis-moi, après le rayonnement, avais-je le choix ? Depuis, je traîne dans l’ombre « l’anti- » de tout, que je n’ose regarder dans ma peur de le toucher. Pourtant, dans une lumière de songe ma vision s’éclaircit parfois, le couple est intact. Oh ! que j’aime la symétrie. Puis ce besoin vital, primordial, de discrètement la briser !

Sur la scène de mon théâtre ma force diffractée attise le feu des existences. Lors d’un jeu de métamorphose, lorsque l’Un, sous le masque, oublie son nom, ses quatre pantins soudain mettent en jeu leurs propres mondes. Certaines de leurs créations se confinent, comme il semble, à l’ombre; d’autres, plus ardentes, aiment à se faire regarder. Puis les plus grandes, généreuses de vie et de mort, dispersent avec joie leur chant de couleurs.

Quand le plaisir de m’étirer, au travers des présences-absences, me pousse à m’échauffer, terriblement, que puis-je faire de cette chaleur sinon la dissiper, dissiper jusqu’au point où je m’engourdis par le froid ! Soudain, localement, un rien se condense, se réchauffe, puis brille; un soleil est né ! Je suis content. Il est vrai, mon bain de jouvence, je le prends dans l’homogène. Mais par-ci, par-là un univers-île, quel plaisir pour l’altérité qui cogne dans ma poitrine !

Ainsi de tous les temps, des lieux de création me modèlent : l’univers explosif, le coeur fiévreux des étoiles, l’espace glacial entre les astres, la tiédeur de l’océan premier. Partout les traces de ma puissance. Terrifiante elle est ! … à toujours faire émerger des propriétés nouvelles. Naissance par jonction.

Mes mille niveaux de réalité, comme dans un bal de Maîtres, se superposent, s’entrelacent, et se contiennent mutuellement. Se suffisent-ils à eux-mêmes ? Probablement. Mais eux, ceux qui me traquent au miroir, leur inventent des règles de jeu et cherchent pour régisseur, la formule unique, la toute dernière loi. Harassé de leur sarabande, maintenant cela m’échappe: qui fut bien le premier, l’existant ou la loi, avec rien à régenter ? Qu’importe, pourvu que s’épanouisse cette merveille, la danse de la gerbe du méson pi.

De même que mes forces, je déploie mes mille temps. Rien, nulle part, ne se passe au même instant. Sauf peut-être derrière le tain du miroir. Là, qui sait, tout se conjugue et s’inscrit dans la mémoire en-deça de l’oubli.

J’ai entendu dire aussi que mes mondes auraient traversé leur genèse à des échelons précis du temps. Le Temps Zéro cependant, je ne peux l’embrasser que de nuit, dans ce rêve, ce rêve récurrent où la lumière naît de l’ombre. De même me poursuit cet air, ce chant où la gravité courbe les espaces et les temps. Dans mon esprit résonne un pas de deux. La courbe négative d’une hyperbole, ouverte, donne la réplique à une sphère effrayante qui enclôt mon devenir.

Comment savoir ? Sûrement pas par Eux dont les yeux, jour et nuit, me fouillent comme un vulgaire passant. Car dans leurs dires ne gît qu’un halo de mes apparences. Mais mon être – donné là – en dedans ?

Puis l’angoisse. Inquiétantes, leurs interrogations ! Où donc sont mes frontières ? Quelle est ma limite ? Ma densité ? Comment fut cette condition initiale, la mienne, enfouie dans mon oubli ? D’aucuns l’assurent: ma survie en dépend. Ou bien serait-ce la leur ?

Dans le sombre de l’inconnaissance, les sentinelles de ma mémoire défendent leur secret: invisible, noire, une certaine masse manque, que s’est-il passé ?

Le gardien de la décision se veut fantôme, ou ange, aux trois visages. Eux, ils l’appellent Neutrino. Sa charge leptonique – j’écoute leur clameur – est-elle violée ? Tout en dépend. Tout. Selon, mes libertés seraient très différentes. M’étendre pour toujours, exhaler des espaces-temps sans fin, ou bien chercher de nouvelles formes , aux dimensions inouïes, en jouir, en mourir et renaître, autrement ? Je ne sais pas. Le sait-on jamais ?

Singulière aussi cette idée de mon début et de ma fin. Comment s’appellent ces pavés gravitant dans la mare de leur ignorance ? Big Bang, Trou Noir, Big Crunch. Singulier ! Et leur univers qui ne serait rien qu’une fonction d’onde ! Mon ciel est harcelé de questions dont chaque réponse donne jour à cent mille autres pourquoi et comment. Déjà, décaler un peu, un tout petit peu, les rouges de ma mélodie revient à enlever les cales de leurs échafaudages. Alors ils cherchent, fièvreusement, les cordes salvatrices. De la colle aussi et des superstructures. Dans leur sac à ruses, des surfaces piégées, des trous de vers, cause et effet inversé, et ce point Omega qui traverse leur folie et qui me ferait naître, Moi et Eux, sans jamais m’arrêter, dans le fait même de me regarder.

Se nourrissant d’idées nues, vêtus du jaune des peut-être, ils tendent à marier l’inconciliable, cherchent à forcer le propre de leurs esprits. Sauront-ils, à l’heure propice, associer l’insoupçonné à l’entre-vu ?, ouvrir leurs structures à l’éminemment autre, et concevoir l’inconcevable, cet au-delà de l’en-deça ?

Pendant ce temps je m’enroule dans cette force de vie dont je cherche tant à me souvenir. Ses mouvements, ses mouvements incessants aux flèches de lumière, labourent en moi leurs propres champs. Par moment une immense vague me prend. Tout semble trembler. Attente. Mes phases de sommeil et d’éveil, de fulguration, de crise de croissance, de transition, tout cela m’habite et m’habille selon ses saisons. Des sons dont j’ai perdu le sens approchent, veulent parier sur l’espoir, m’embaument d’une autre force, d’une toute autre cohésion. Y aurait-il une fin que j’aurais oubliée ? Au pas rétroactif j’avance transparent vers le futur. Dans le sommeil de la Mémoire, de la mienne ou de quelle autre ?, tinte un Tachyon inconnu. J’aspire aux ondes primordiales où gravite le songe et me fond en sa réalité, celui au présent éternel d’un « sait-on jamais? »

I.A.M.

Les astrophysiciens Jean-Pierre Luminet et Hubert Reeves nous adent un peu à rêver avec la science : …

Les Arc d’Einstein dans les amas de galaxies

une découverte d’une équipe de l’Observatoire de Toulouse, dirigée par Bernard Fort;

elles constituent une nouvelle preuve de la théorie de la Relativité Générale d’Einstein

* photo : CERN: Interaction d’ions lourds

About Ilke Angela Marechal

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