Poésie

Une définition de la Poésie?  Il doit en avoir autant qu’il y a d’individus qui l’aiment. La mienne, aujourd’hui je l’emprunte  au chef de fil de ma famille de pensée, le poète Roberto Juarroz:

“… la Poésie … est pensée intégrante et ultime, est la pensée qui sent, la pensée qui crée, est le verbe transfigurant et l’ouverture au fond. … La Poésie n’oublit pas que la pensée profonde transforme, comme l’amour profond.”

Et Gaston Bachelard , ce philosophe des sciences et de la poésie, à affirmer (L’intuition de l’instant”) : … le  temps de la poésie est vertical … c’est l’instant stabilisé où les simultanéités, en s’ordonnant, prouvent que l’instant poétique a une perspective métaphysique, … l’instant poétique est une relation harmonique de deux contraires …où les antithèses se contractent en ambivalence excitée; active, dynamique, le mystère poétique est une andogynie.”

Pour moi, l’éloge de l’Impossible, est le service que nous pouvons, devons peut-être, rendre à la Poésie. Roberto aurait dit :  « La poésie est une tentative risquée et visionnaire d’accéder à un espace qui a toujours préoccupé et angoissé l’homme : l’espace de l’impossible qui parfois semble aussi l’espace de l’indicible ».

Tentative d’élucider le champ et la démarche de la poésie?, en voici une autre, sous la plume d’Yves Bonnefoy :  “Les mots n’offrent le plein de leur sens que si c’est “là-bas”, à un horizon,  que nous contemplons ce qu’ils disent.  La Poésie, c’est… faire venir au jour “ce que les yeux d’ici ne discernent pas”.

Or, ma grande passion : Rabindranath TAGORE, découverte sur le tard – mais peut-être fallait-il que je prenne moi-même d’abord de la bouteille –  et dont les écrits et la philosophie m’accompagnent à toute heure dorénavant, tant le personnage est maître dans toutes les dimensions de notre multi-unicité.  Sous peu il y aura sur ma page “home-accueil”, mon blog, un hommage ‘in extenso’.

Et puis, celui qui relève pour moi de la même vaine, c’est-à-dire du Maître incontesté tant dans le domaine de l’Universalité que dans celui du ‘hors temps’, voire dans l’Intemporel, c’est-à-dire cet autre génie, Khalil GIBRAN. La totalité de son oeuvre, dans ce qu’il recèle comme perfection de forme, comme profonde humanité et comme vision spirituelle, a été et sera encore longtemps “un Chant de Consolation” en nos temps de chaos et de transformations à tous les égards. Pour Gibran également va suivre une entrée-hommage sur mon blog.

Voici enfin une autre voix, celle d’un grand penseur de notre modernité, issue du domaine de  la philosophie et de la science, à savoir Carl Friedrich von Weizsäcker:

“L’Art est une perception de la forme (Gestalt) par la création de cette forme”. L’Artiste cherche l’Idée dans l’apparition. C’est pour cela que l’art ne peut mentir. L’artiste suit la voix intérieure qui enseigne de façon intelligible et immédiate, à condition de l’interroger en renonçant complètement à sa propre volonté. C’est pourquoi l’importance anthropologique de l’art me paraît plus grande que celle des sciences.

Pour la Poésie, par exemple, je dirais qu’elle est une langue intensifiée. Ce que dit la langue devient des gestes façonnés, des symboles connus. On tire ainsi ce qui a été dit hors de cet oubli de soi qu’est l’expression quotidienne et on le revit tel qu’il est. La poésie vit dans la tension de vouloir percevoir, d’une façon immédiate, le sens dans le signe en différenciant plus clairement le signe du sens.

C’est pour cela qu’elle est ludique là où la langue quotidienne est sérieuse. Mais ce jeu possède un sérieux que la langue quotidienne n’atteint jamais.

En ce sens, on doit concéder à la poésie une vérité, comme à la science, mais leurs vérités sont différentes. ” in: Sciences et Imaginaire, Albin Michel / Cité des Sciences et de l’Industrie

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